Sept ans après le Rana Plaza, les salarié.e.s du textile lâché.e.s face au Covid-19

Industrie textile au Bangladesh

À cause de la baisse des ventes liées à l'épidémie, plusieurs grandes marques de vêtements refusent de payer leurs fabricants asiatiques, tant pour les matières premières déjà commandées que pour les articles déjà confectionnés. Des millions d'employé.e.s de la "fast fashion" se retrouvent sans revenus.

Publié le 24-04-2020 par Giulietta Gamberini

Le 24 avril 2013, au Bangladesh, la tragédie du Rana Plaza faisait prendre conscience à la planète entière des abus de la "fast fashion". Près de la capitale du pays, Dacca, l'effondrement d'un immeuble en mauvaises conditions tuait plus de 1.100 ouvrier.e.s, qui produisaient des articles de mode pour des marques internationales. Sept ans plus tard, une nouvelle catastrophe s'abat sur les salarié.e.s de l'industrie textile en Asie. Et les abus de nombreuses multinationales en sont encore une fois la cause, dénoncent des défenseurs des droits humains.

Confrontées à une baisse de leurs ventes à cause de la crise sanitaire du coronavirus, plusieurs entreprises de distribution de vêtements ont en effet non seulement suspendu du jour au lendemain leurs commandes auprès de leurs fabricants asiatiques. Souvent, elles refusent aussi de payer pour les matières premières déjà commandées, voire pour les articles déjà confectionnés, alerte notamment Human Rights Watch (HRW). "Beaucoup font un usage douteux des clauses générales de force majeure pour justifier leurs violations des termes du contrat", précise dans une enquête menée au Bangladesh le Workers Rights Consortium (WRC) de la Penn State University.

2, 27 millions de salarié.e.s affecté.e.s au Bangladesh

Ainsi, au Bangladesh, 3,17 milliards de dollars de commandes destinées à l'exportation ont été suspendues ou annulées à cause du Covid-19, calcule la BGMEA, l'association des fabricants et exportateurs de vêtements du pays. 1.145

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