Total réfléchit à ses engagements en Iran

Total réfléchit à ses engagements en Iran

Suite aux menaces de Donald Trump de remettre en cause l'accord iranien sur le nucléaire, Total réfléchit à l'avenir de ses projets en Iran.

Publié le 18-10-2017 par Guilhem Baier

Respecter les lois

 

Dans une interview accordée au journal spécialisé International Oil Daily, Patrick Pouyanné, le président-directeur général de Total SA, a abordé le sujet des conséquences que les menaces proférées par Donald Trump de ne plus certifier l'accord sur le nucléaire iranien faisaient peser sur le groupe et ses investissements actuels en Iran. En effet, si l'administration Trump refusait de continuer à certifier l'accord, cela autoriserait le Congrès des États-Unis à voter des sanctions contre l'Iran et les entreprises qui font commerce avec la République islamique iranienne.

Or Total a signé en juillet dernier un accord important avec l'Iran, portant sur le développement de phase 11 du projet South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel au monde. Cet accord donne lieu à un contrat de 2 milliards de dollars pour sa seule première étape. Patrick Pouyanné a ainsi déclaré à International Oil Daily : « Total respecte les lois qui lui sont applicables, et donc s'il y a des lois qui nous imposent de nous retirer d'Iran, nous nous retirerons d'Iran ».


Pas de certitudes pour l'instant

 

Pour l'instant, Total est donc suspendu aux décisions de plusieurs autorités politiques et n'est donc pas maître de ses choix, ni de son avenir en Iran. Le géant pétrolier français attend tout d'abord de voir si Donald Trump va mettre ses menaces à exécution ou pas. Ensuite, comme le fait remarquer Patrick Pouyanné, avec philosophie : « nous aurons besoin de voir ce que fait le Congrès et, s'il fait quelque chose, quel type de sanctions il imposera. Nous avons signé un contrat en Iran. Si nous pouvons aller de l'avant, nous irons de l'avant. Si nous ne pouvons pas, nous devrons nous arrêter. C'est la vie ». La décision du Congrès interviendrait de toute façon dans les deux mois à venir, en raison des obligations législatives qui pèsent sur lui, lui donnant un délai de réflexion de seulement deux mois. Sur ce point précis, Total SA aura donc bientôt une vision plus claire de la situation.

Toutefois, même en cas de vote de sanctions de la part du Congrès américain, les décisions de l'Union européenne, de la Chine et de la Russie pèseront également dans la balance. En effet, si ces puissances continuent d'appliquer l'accord, les États-Unis se trouveraient dans une situation de dénonciation unilatérale, qui limiterait sans doute leurs moyens d'action. En ce cas, Total tentera d'obtenir toutes les assurances et garanties nécessaires à la poursuite du projet South Pars 11.

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