Macron critique le départ du patron d'Alcatel-Lucent

Macron critique le départ du patron d'Alcatel-Lucent

La polémique continue de plus belle sur la prime de départ de Michel Combes, le Directeur Général d'Alcatel Lucent. Après le Medef, c'est au tour du Ministre de l'Economie de monter au créneau.

Publié le 03-09-2015 par Laurent Baquita

Réquisitoire sans appel

 

Emmanuel Macron, le Ministre de l'Economie, n'a pas mâché ses mots. Il a considéré le départ de Michel Combes comme un « cas choquant ». Plus que la prime de 13,7 millions d'euros assortie à ce départ, c'est le fait même que le Directeur Général d'Alcatel-Lucent veuille quitter l'entreprise alors que le rapprochement avec Nokia n'est nullement finalisé qui choque le Ministre : « Il n'est pas compréhensible ni acceptable que M. Combes prenne la décision aujourd'hui de quitter l'entreprise alors que l'opération n'est pas terminée » a-t-il déclaré. Aux journalistes qui l'interrogeaient, il a précisé sa pensée et son indignation dans une phrase choc : « Il n'est pas normal qu'un grand dirigeant d'entreprise quitte le navire le premier ».

Au-delà de ce réquisitoire sans appel, Emmanuel Macron estime pour sa part que la prime de départ de Michel Combes pose aussi plusieurs problèmes. Tout d'abord, le départ du Directeur Général de l'équipementier télécom français, constitue un manque de « respect vis-à-vis des 55 000 salariés du groupe Alcatel-Lucent ». Ensuite, elle pose aussi des problèmes de respect de la procédure.

 

 

 

La procédure en examen

 

Des problèmes de calendrier, dans la mesure où les clauses négociées initialement avec le Conseil d'Administration prévoyaient un mandat d'une durée de trois ans minimum pour pouvoir s'appliquer. Et des problèmes éthiques, car, selon Emmanuel Macron, « il n'est pas normal que pour des mandataires sociaux, on change en dernière minute des règles de séparation ». En outre, il semblerait que la clause de non-concurrence ait été négociée tardivement, et en lien avec le futur employeur de Michel Combes, Numericable-SFR.

De son côté, l'Autorité des Marchés Financiers veut également enquêter sur la procédure, afin de voir si elle est ou non entâchée d'irrégularités. Selon son patron, Gérard Rameix, « la principale irrégularité possible, c'est d'avoir donné une information aux marchés qui peut paraître trompeuse, voire mensongère, puisque Michel Combes avait dit et laissé dire qu'il n'aurait pas d'indemnités de départ et qu'il partait en renonçant aussi à ses rémunérations variables ».

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