Comment les modes de consommation des particuliers ont évolués depuis la crise COVID-19

Comment les modes de consommation des particuliers ont évolués depuis la crise COVID-19

Publié par Olivier de Bellaigue

L'impact de la crise sanitaire liée au coronavirus sur les Français n'est plus à démontrer. Elle a métamorphosé l'exécution des tâches quotidiennes les plus essentielles telles que visiter ses parents, se rendre à son service ou effectuer les courses alimentaires pour sa famille. Plusieurs activités ont alors été interdites et d'autres sujettes à des autorisations pour leur tenue.

Confinement obligeant, les priorités furent revues, laissant émerger de nouvelles habitudes qu'il s'agisse de télétravail, d'innovation sur le bien-être, de sport et même de consommation. Cette dernière est d'un impact multiforme, tant sur l'économie du pays que sur les dépenses des ménages. Point sur l'évolution des modes de consommation des particuliers dans la période post coronavirus.

Consommer moins, mais mieux : la nouvelle donne de consommation des Français

La période d'après coronavirus en France reste marquée par une réallocation budgétaire tenant compte des différents postes de dépenses des ménages. La tendance est de réduire la propension à consommer sans pour autant lésiner sur la qualité des biens consommés. À juste titre, une enquête de C-Ways révèle que 53 % des Français désirent poursuivre une consommation au ralenti, marquée de frugalité.

Si 19 % affirment une certaine prise de conscience quant à la futilité de certaines dépenses de consommation, c'est plutôt vers le désir de pérenniser les habitudes de sous-consommation adoptées en confinement que se tournent les 35 % restants. Toutefois, contrairement aux séniors, seuls les jeunes (de 18 à 24) sont plus enclins à accepter une telle réadaptation des modes de consommation.

Désormais, les budgets intègrent des limites plus strictes, poussant les consommateurs à être plus responsables dans les dépenses. La corrélation avec le prix a engendré une nouveauté à l'issue de cette pandémie : la mise à l'honneur des produits d'occasion. En effet, le prix demeure une variable déterminante pour le choix des différents postes de dépenses. Elle influence à la fois le vouloir et le pouvoir d'achat, tant au niveau des professionnels que des particuliers.

À l'issue, les 1/3 des Français sont incités à privilégier les produits vestimentaires et technologiques de seconde main au détriment des produits neufs. Il s'agit pour les Français d'adapter le niveau de consommation à une réallocation de budget afin de consommer moins, mais mieux.

Émergence des nouveaux outils d'aide à la consommation

L'impact de la pandémie du coronavirus n'aura pas été que négatif pour les attitudes de consommation. Elle a en effet contribué à faire émerger ou à faire renforcer les outils d'aide à l'achat. Par exemple, le drive ou le click & collect et la livraison à domicile ont été les plus privilégiés par les Français. D'ailleurs, une enquête réalisée par le cabinet Nielsen permet de constater une hausse d'environ 50 % des acheteurs mensuels dès le premier mois de confinement.

Aussi, le désir d'affirmer une certaine autonomie de l'économie française a permis le renforcement de la tendance du made in France et de la proximité. Désormais, il s'agit d'assumer autant que possible l'achat des produits locaux à l'instar de 87 % des Français selon Kantar WP. De plus, la commande des biens et services en ligne s'est multipliée sur l'option de livraison à domicile, faite dans le respect de la distance minimale. Cette analyse est précisément étayée par une enquête de Colombus Consulting dont l'étude révèle 55 % de Français qui désirent limiter les descentes en point de vente.

Ainsi, les Français ont désormais plus tendance à simplifier leurs besoins de consommation à l'issue du temps de confinement dû à la pandémie du coronavirus. La sobriété dans la consommation est devenue une affaire de luxe. D'ailleurs, les mesures sécuritaires prises pour garantir la santé du contribuable ne permettaient plus le luxe des sorties en restaurant et autres lieux prisés par le monde.
Pour finir, les français sont beaucoup plus friands des promotions et réductions en ligne, qui leurs permettent de payer moins cher leurs achats. 

Les évolutions de fond dans les préférences alimentaires

Au-delà des tendances habituelles, certaines avancées de fond sur les préférences alimentaires des Français ont marqué la période post-covid 19. En effet, la fermeture des lieux de travail pour un certain temps a fait émerger les possibilités de télétravail. La réduction de la mobilité des travailleurs a notamment entraîné un recul, voire une stagnation des produits surgelés ou appertisés. En alternative, seuls les produits de rayon frais sont priorisés.

Les produits élaborés ont connu une phase de développement avant de laisser place aux produits bruts ou traditionnels. Les catégories phares de la consommation alimentaire sont désormais le centre d'intérêt des populations, remettant en question les capacités culinaires et la variété des styles d'alimentation.


Flambée des initiatives écologiques

L'impact de la crise liée à la pandémie du coronavirus sur le monde a favorisé l'émergence des initiatives écologiques. Désormais, même des Marketplaces sont créés pour mettre en relation consommateurs et producteurs locaux. En conséquence, les supermarchés et hypermarchés de la place sont délaissés des consommateurs français. Plus de 74 % d'entre eux affirment même le désir de payer plus cher que d'habitude pour bénéficier des produits bio locaux selon Ipsos.

De même, les questions environnementales sont au coeur des préoccupations des Français, qui sont désormais plus soucieux que jamais de l'impact des livraisons à domicile des produits achetés. Selon une étude réalisée par Wavestone, 70 % des consommateurs sont disposés à un rallongement des délais de livraison dans la perspective d'une livraison verte.

En perspective, une nouvelle ère s'ouvre sur les modes de consommation imposant des réajustements dus à la pandémie du coronavirus.