Têtu vit-il ses derniers jours ?

Têtu vit-il ses derniers jours ?

Les difficultés financières du magazine de la communauté gay ne sont pas estompées, loin de là. Le numéro 212 du mensuel sera donc peut-être le dernier.

Publié le 15-07-2015 par Emilie Huberth

Situation désespérée

 

Le jugement du Tribunal de Commerce de Paris, qui avait placé le mensuel gay en redressement judiciaire le 1er juin dernier, prévoyait une période d'observation de 4 mois. Mais les juges consulaires, face à la gravité de la situation financière de Têtu, ont prévu une audience de liquidation en date du 23 juillet.

 

 

Des pertes pourtant réduites

 

Pourtant, le journal a su réduire ses pertes depuis quelques années, en les divisant par deux à chaque nouvel exercice. En 2013, le célèbre magazine gay accumulait 2,35 millions d'euros de pertes ; en 2014, elles n'étaient plus que de 1,1 million d'euros, et ne devraient pas dépasser les 500000 euros en 2015. Des efforts drastiques ont permis d'améliorer la rentabilité, en commençant par une spectaculaire compression de la masse salariale, puisque la rédaction ne compte plus aujourd'hui que 9 journalistes permanents, contre une quarantaine dans le passé.

 

 

Un avenir plus qu'incertain

 

L'artisan de cette réforme douloureuse et actuel propriétaire du titre, Jean-Jacques Augier, n'est pas pour autant optimiste sur l'avenir de Têtu. Pour lui, le magazine souffre à la fois de l'héritage d'un modèle économique trop longtemps basé sur le mécénat du milliardaire Pierre Bergé, et d'un concept vieillissant, qui ne lui permet plus de dépasser les 30000 exemplaires vendus.

Têtu n'attire plus non plus les annonceurs, bien qu'il s'adresse à un lectorat disposant d'un fort pouvoir d'achat. L'espoir ne peut non plus venir des offres de reprise, puisque deux seulement ont été déposées, et qu'aucune n'a été jugée viable.

Les dernières actualités