Siphonner les voix des "fâchés, pas fachos", le pari perdu de Mélenchon

Mélenchon, La France Insoumise,

IDEE. Malgré tous ses efforts, la France insoumise ne parvient pas à capter les voix d'une frange de l'électorat populaire qui demeure ancré à droite politiquement et culturellement. Par Hugo Melchior, Université Rennes 2 et Bryan Muller, Université de Lorraine

Publié le 01-08-2019 par Hugo Melchior et Bryan Muller

Avec seulement 6,3 % des voix, la France insoumise (FI), à l'instar de la majorité des gauches radicales européennes, a connu lors des élections européennes du 26 mai 2019 une érosion spectaculaire par rapport à 2017. Celles-ci n'ont plus que 41 députés au Parlement européen, soit 20 % de moins que durant la précédente mandature (52 eurodéputés).

Dès le début de la campagne, en août 2018, la FI avait pourtant annoncé vouloir faire de cette élection un « référendum anti-Macron », enjoignant les Français à infliger au « Président des riches » une formidable « raclée démocratique ».

Cette crise de croissance, qui a dégénéré en crise ouverte au sein du mouvement, ne serait-elle pas la preuve de l'incapacité structurelle de Mélenchon et de ses amis à réussir ce pari audacieux qui aurait justifié leur hypothèse stratégique du « populisme de gauche », chère à la philosophe Chantal Mouffe : conquérir l'électorat populaire de la droite nationaliste ?

Il s'agissait de rallier au moins une partie significative des millions d'ouvriers et d'employés, plus largement des Français aux revenus modestes. Élection après élection, ces derniers persistent à apporter leur suffrage au parti de Marine Le Pen, le Rassemblement national (RN), au lieu de soutenir ceux qui veulent « redonner le pouvoir au peuple » et défendent l'idée d'un nouvel humanisme contre les ravages du « capitalisme extractiviste et productiviste ».

Le FN/RN solidement ancré au sein de l'électorat populaire

Avec 32 % du vote des

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