Najat Vallaud-Belkacem rejoint Ipsos

Najat Vallaud-Belkacem rejoint Ipsos

L'ancienne ministre de l'Éducation Nationale quitte la politique et rejoint l'institut de sondage Ipsos, en qualité de directrice générale déléguée, en charge des études internationales et de l'innovation sociale.

Publié le 23-02-2018 par Laurent Baquista

Une de plus

 

Perdre une élection, quitter la politique, rejoindre une entreprise privée, voilà une trajectoire de plus en plus commune pour d'anciens professionnels de la politique qui n'ont jamais ou presque jamais connu d'autre activité que d'exercer des mandats ou gérer des ministères. Le premier à avoir défrayé la chronique en choisissant cette voie fut Arnaud Montebourg, parti du PS pour intégrer le groupe Habitat, avant de se retrouver patron d'entreprises produisant du miel et des amandes. Récemment, NKM a annoncé rejoindre Capgemini pour y travailler sur les problématiques de cybersécurité. Axelle Lemaire, ancienne secrétaire d'État à l'économie numérique, a, elle aussi, rejoint le monde du conseil, au sein du cabinet Roland Berger.

C'est maintenant au tour de l'ancienne ministre de l'Éducation Nationale, Najat Vallaud-Belkacem, d'annoncer son arrivée dans une entreprise privée, en l'occurrence l'institut de sondage Ipsos. Comme l'affirme le groupe dirigé par Didier Truchot dans un communiqué de presse diffusé hier soir aux collaborateurs et publié ce matin, Najat Vallaud-Belkacem rejoindra au 1er mars 2018 le numéro 3 mondial des études et sondages, pour y occuper le poste de directrice générale déléguée, en charge des études internationales et de l'innovation sociale.


Sondeur, c'est un métier

 

S'il est tout à fait compréhensible et légitime de vouloir quitter la politique et travailler dans le privé, la nomination de NVB pose question, essentiellement du point de vue du recruteur : qu'est-ce qui a bien pu pousser Didier Truchot à recruter quelqu'un qui n'est pas issu de l'univers des sondages, sans doute un des derniers bastions de l'économie où l'on demeure, même en situation de management, un expert en opinion ? Les cadres de direction d'Ipsos, comme d'ailleurs des autres instituts, ont cette particularité d'être avant tout des professionnels de l'opinion, ayant commencé tout jeunes dans le métier et gagné leur légitimité managériale et acquis leurs galons grâce à leurs compétences techniques. Qu'il s'agisse de Didier Truchot lui-même, de Brice Teinturier, de Lauren Demar ou d'Henri Wallard, pour ne citer que quelques noms parmi les dirigeants d'Ipsos ou d'Ipsos France, tous sont des dirigeants parce qu'ils sont des sondeurs. On ne vend pas un sondage comme on vend des chaussures. On ne fabrique pas un sondage comme on fabrique un smartphone ou une commode, ni même comme on élabore un projet de loi ou un train de mesures. Sondeur est un métier, qui nécessite des compétences techniques élevées et spécifiques, ainsi qu'une culture de l'opinion, des comportements et des attentes des individus. Des compétences dont les politiques, malgré leur fréquentation assidue de l'opinion, ne disposent pas. La question demeure donc entière : comment Najat Vallaud-Belkacem va-t-elle pouvoir exercer ses fonctions sans disposer d'aucune connaissance ni légitimité technique ? Sondeur, c'est un métier. Un vrai métier, pas un bullshit job.

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