Monsanto condamné, et maintenant ?

Roundup: monsanto lourdement condamne aux etats-unis

Le verdict rendu par la justice californienne, assorti d'une amende de 289 millions de dollars, est un coup dur pour Bayer, propriétaire depuis juin du fabricant de Roundup. Cette décision historique fera-t-elle évoluer une réglementation qui, en Europe comme en France, ne menace guère son composant clé, le glyphosate ?

Publié le 14-08-2018 par Dominique Pialot

C'est une première. Vendredi 10 août, après huit semaines de procès et trois jours de délibération, la justice californienne a condamné le géant de la chimie Monsanto (propriété depuis juin dernier l'allemand Bayer) à verser 289 millions de dollars (253 millions d'euros) à Dewayne Johnson. Les jurés ont en effet jugé que Monsanto avait agi avec "malveillance" et que son herbicide RoundUp, ainsi que sa version professionnelle RangerPro, avaient "considérablement" contribué à la maladie du plaignant. Dewayne Johnson, un jardinier américain âgé de 46 ans atteint d'un cancer qui, selon ses médecins, réduit son espérance de vie à deux ans, avait attaqué le fabricant du RoundUp en 2016. Son cas est le premier à bénéficier d'un procès, en vertu d'une loi californienne qui oblige les tribunaux à organiser la procédure avant le décès du plaignant. Bien que les premiers soupçons quant au caractère potentiellement cancérigène de l'herbicide au glyphosate remontent à 1984, c'est la première fois que la firme américaine est condamnée sur ce sujet précis. Utilisé sous différentes marques depuis que le brevet est tombé dans le domaine public en 2000, le glyphosate figure également sur la liste des perturbateurs endocriniens, est soupçonné de nuire à l'environnement et notamment de contribuer à la disparition des abeilles.

« Probablement cancérigène pour les humains » selon l'ONU

Pourtant, de nombreuses études (800 d'après le PDG de Bayer, Werner Baumann) ont conclu à son absence de nocivité

Lire la suite

Voir la suite...

Les dernières actualités