Michelin perd Monsieur François

Michelin perd Monsieur François

François Michelin, l'emblématique patron qui avait permis le développement international de la manufacture clermontoise est décédé hier, à l'âge de 88 ans.

Publié le 30-04-2015 par Bertrand Dampierre

L'homme qui a internationalisé Michelin

 

Monsieur François, comme il voulait qu'on l'appelle en interne, avait gravi tous les échelons de son entreprise. Orphelin à 10 ans, il est entré à 25 ans dans l'usine sous une fausse identité, pour y occuper des postes divers et variés et connaître ainsi tous les rouages des usines montferrandaises avant de commencer à les diriger, de main de maître, mais avec un goût du secret qui devint légendaire.

Dès les années 1960, il est celui qui impulse au groupe Michelin une dynamique nouvelle qui le porte à l'assaut des marchés étrangers, notamment de l'Amérique du Nord, où son pneu à carcasse radiale va connaître un succès fulgurant. Après avoir conquis le monde avec ses produits, il y déplacera aussi ses usines, pour produire près du lieu de consommation. Ainsi naîtront, par exemple, les usines de Caroline du Nord.

 

 

Patron paternaliste

 

La fin des années 70 fut marquée pour lui par un tournant technologique, et le début d'une culture de la rentabilité et de l'automatisation. Conséquence évidente : de grands conflits sociaux, où François Michelin a renforcé son image de patron de choc, dont l'ennemi héréditaire est le syndicalisme. Celui qui se définissait encore récemment comme un « sale capitaliste » était avant tout un patron à l'ancienne, démocrate-chrétien marqué par le paternalisme catholique de Frédéric Le Play, dont ses ancêtres avaient déjà jeté les bases dès la création de l'entreprise.

Dans un communiqué l'entreprise clermontoise a rendu hommage à Monsieur François : « sous la direction de François Michelin, l'entreprise a connu un développement sans précédent, porté par sa passion pour l'innovation autant que par son exigence de rigueur au service de la qualité ». Avec lui, c'est un pan de l'histoire de l'industrie française qui disparaît, et un style de patron.

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