Les présidents et la fiscalité (1/5): Giscard ou la hausse d'impôt en catimini

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La Tribune publie une série d'été sur les cinq derniers présidents de la cinquième république et leur politique fiscale. Aujourd'hui: Valéry Giscard d'Estaing

Publié le 03-12-2020 par Ivan Best

« Au-delà de 40% de prélèvements obligatoires (en proportion du PIB), nous basculerons dans le socialisme... ». Valéry Giscard d'Estaing, alors chef de l'Etat, avait ce genre de phrase définitive. Apôtre d'une « société libérale avancée », il craignait l'envolée des impôts en tous genres. Et voyait s'approcher ce seuil fatidique des 40%, synonyme de changement de société, à ses yeux, du moins.
VGE n'était pourtant pas à un paradoxe près.  Certes, il entendait dénoncer la frénésie fiscale. Mais cela ne l'a pas empêché de décrocher haut la main le titre de recordman des hausses d'impôts, toutes tendances confondues. Sous son septennat, de 1974 à 1981, les prélèvements obligatoires sont passés de 33,5% du PIB à 39,4%, une hausse de six points qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait approchée, et que ses successeurs n'ont jamais atteinte.

Libéraliser l'économie française

Un dérapage pas vraiment prévu par Giscard d'Estaing lors de son arrivée au pouvoir en avril 1974. Celui qui avait été ministre des Finances dans quasiment tous les gouvernements s'étant succédé depuis 1962 -à l'exception d'une parenthèse entre 1996 et 1969- était évidemment un fin connaisseur du sujet, et avait des idées arrêtées sur la politique fiscale à mener.
Elle devait s'inscrire dans un projet global de « libéralisation » de l'économie française. VGE pensait d'abord à la libération des prix, qu'il est loin d'avoir mené à son terme -en 1980, le prix de la baguette de pain était encore fixé dans les bureaux du

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