Leclerc veut devenir Amazon

Leclerc veut devenir Amazon

Le groupe de distribution se lance dans sa transformation digitale, avec une ambition de taille : devenir en cinq ans le concurrent d'Amazon.

Publié le 15-04-2015 par Aglaë Derouen

Miser sur le digital

 

Dans une interview accordée à Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV, Michel-Edouard Leclerc a fait part des ambitions de son groupe. Et ce ne sont pas des ambitions mesurées, puisque le distributeur envisage tout simplement de concurrencer Amazon. L'accent sera donc mis, dans les prochaines années, sur la transformation digitale de Leclerc, car Internet semble pour Leclerc être la nouvelle frontière de la grande distribution : « Demain nos enfants iront d'abord chercher les marques sur internet et une fois la marque trouvée, ils regarderont où elle est. Donc, il faut construire un grand portail internet ».

 

 

Des investissements massifs

 

Cette volonté de transformation digitale va passer par un investissement massif, de l'ordre de 1 milliard d'euros sur trois ans : « Il faut entre 5 et 30 millions d'euros pour ouvrir un hypermarché de taille moyenne, a ajouté Michel-Edouard Leclerc. Pour ouvrir un portail internet et aller au-devant de 60 millions de consommateurs, cela va nécessiter 20-30 millions d'euros par an d'investissements et 500-600 millions d'euros par an en logistique ». L'ambition est donc aussi, avec un tel effort fait sur la transformation digitale, de rompre avec le modèle traditionnel de la grande distribution à la française, qui a pourtant fait ses preuves, pour s'inspirer des « pure players » du e-commerce, au premier rang desquels se trouve Amazon. Cette vision de l'avenir, fait d'ailleurs dire au patron breton : « Dans cinq ans, notre concurrent sera Amazon, ce ne sera plus Hyper U qui sera passé à Auchan, je le parie ».

 

 

Créer 10000 emplois supplémentaires

 

Ces investissements massifs passeront aussi par la création de 10000 emplois nets, qui ne seront pas pris sur les effectifs des hypermarchés, mais bel et bien des créations nouvelles, dans le digital, dans la logistique, et en particulier dans les « drive » et les systèmes de « click & collect ». Mais les hypermarchés resteront le « navire-amiral » du groupe coopératif , le lieu où l'on va chercher du service et du conseil, ce qui implique une conservation et une revalorisation des emplois.

L'enjeu est de taille pour le distributeur et ses adhérents. Il s'agit d'une véritable révolution culturelle, et Michel-Edouard Leclerc en est pleinement conscient : « Aujourd'hui, quand on devient un grand de l'hypermarché, il faut qu'on apprenne à devenir un grand de l'Internet. Culturellement, c'est une révolution pour les provinciaux que nous sommes ».

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