Le partage des eaux

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ANALYSE. Le projet de l'Ethiopie du "Grand Barrage de la Renaissance Ethiopienne", en cours de construction, pose le problème de l'accès à la ressource en eau et de sa gestion pour les pays voisins comme l'Egypte et le Soudan. Et notamment de trouver des accords pour éviter tout conflit. Par Claude Crampes et Michel Moreaux, Toulouse School of Economics.

Publié le 28-04-2020 par Claude Crampes et Michel Moreaux

Les conflits en matière d'utilisation de l'eau jalonnent l'histoire de l'humanité. Celui qui oppose aujourd'hui l'Éthiopie à l'Égypte et au Soudan pour le remplissage du « Grand Barrage de la Renaissance Ethiopienne » sur le Nil est l'occasion de rappeler les particularités économiques de la ressource en eau.

L'eau coule... ou pas

En amont, 110 millions d'Ethiopiens avec un PIB par tête qui les place au 171e rang mondial. En aval, 40 millions de Soudanais et 100 millions d'Egyptiens respectivement aux rangs 143 et 95. Entre les deux, 10 millions de tonnes de béton pour stocker 74 km3 d'eau capables de fournir une puissance électrique de 6.450 MW. Avec cette installation dont le coût est de l'ordre de 5 milliards de dollars, l'Ethiopie compte rattraper son retard en matière d'énergie. Or la production d'hydroélectricité dépend de la hauteur de chute. Pour que l'Ethiopie puisse produire à plein rendement, il lui faut donc remplir le barrage au plus vite. Mais l'Egypte, qui dépend à 90% du Nil pour ses ressources en eau, fait valoir que les km3 stockés en amont vont lui faire cruellement défaut en aval.

L'originalité du problème posé ici est que le déficit en eau de l'Egypte ne devrait être que provisoire, le temps du remplissage du réservoir éthiopien. Ensuite, les divergences d'intérêt seront plus classiques : les parties devront s'entendre sur le rythme et le débit des lâchers d'eau.

Bien privé, bien public

Les ressources en eau stockées dans un barrage ont des usages multipl

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