La crise pétrolière épargnerait-elle Total ?

Total

Malgré la baisse spectaculaire des cours du pétrole brut, Total poursuit ses investissements extractifs en Mer du Nord.

Publié le 16-01-2015 par Guilhem Baier

Gel des investissements dans le secteur

 

La crise pétrolière actuelle conduit la plupart des groupes à réduire leurs investissements, leurs capacités de production, voire leurs effectifs. BP a annoncé hier la suppression de 200 emplois sur ses installations en Mer du Nord. Statoil, la compagnie norvégienne, a quant à elle réduit sa production et gelé ses investissements. L'aire géographique la plus touchée par ses mesures est la Mer du Nord, où l'extraction est de plus en plus coûteuse, difficile, et également touchée par une augmentation des taxes par le Royaume-Uni. A tel point que l'association des explorateurs indépendants estime que plus aucun des champs exploités en Mer du Nord ne peut être rentable.

 

 

Total investit néanmoins

 

Pourtant, dans ce contexte mortifère, Total investit en Mer du Nord. La compagnie pétrolière française vient d'annoncer le démarrage de la phase 2 de son projet West franklin, situé en Mer du Nord, dans les eaux britanniques. Total compte extraire à partir de ce nouveau forage découvert en 2003, 40 000 barils équivalent pétrole de gaz à condensats. Pour Michael Borrell, directeur Europe et Asie Centrale au sein de la branche Exploration-Production, « cette zone de production possède d'importantes réserves ainsi qu'un potentiel d'exploration prometteur ».

 

 

Des coûts bien calculés

 

Si Total persiste, c'est que le géant français de l'énergie a bien calculé son coup, et surtout ses coûts. Tout d'abord, le site extrait du gaz, et pas du brut. Or les cours du gaz sont moins touchés par la crise que ceux du pétrole, car le gaz bénéficie du mouvement de diversification des sources d'énergie d'une part, et, d'autre part, la menace d'une éventuelle rupture de l'approvisionnement russe maintient le cours à un niveau plus élevé.

D'autre part, le projet West Franklin, situé au large d'Aberdeen en Ecosse, est voisin d'autres plateformes déjà en fonction : Franklin, Gleneg et Elgin. Il ne nécessitera donc pas la création onéreuse de nouvelles infrastructures pour fonctionner, bénéficiant de celles qui existent déjà.

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