L'ASN alerte sur la sécurité de 9 centrales EDF

L'ASN alerte sur la sécurité de 9 centrales EDF

L'Autorité de Sûreté Nucléaire a publié hier une note qui alerte sur de potentielles anomalies sur les cuves de réacteurs de neuf centrales nucléaires d'EDF.

Publié le 24-06-2016 par Guilhem Baier

Dix-huit réacteurs concernés

 

Après la cuve toute neuve du réacteur EPR de Flamanville, c'est au tour de 9 centrales nucléaires EDF en activité de susciter des inquiétudes de la part du gendarme du nucléaire. L'ASN a en effet publié une note hier révélant que « certains générateurs de vapeur de réacteurs d'EDF pourraient présenter une anomalie similaire à celle de la cuve de l'EPR de Flamanville ». Les défauts en question consistent à une trop grande concentration en carbone de l'acier des cuves, constatée en certains points des réacteurs, susceptibles de fragiliser ces derniers. En tout, 9 centrales sont concernées, pour un total de 18 réacteurs dont les cuves pourraient être défectueuses.

Les réacteurs concernés par ces défauts sont le réacteur n°1 de la centrale de Blaye, le n°4 de la centrale du Bugey, les tranches 1 et 2 de Chinon, de Saint-Laurent-des-Eaux et de Civaux, n°2, 3 et 4 de Dampierre, et les quatre tranches du Tricastin.

 

Pas d'arrêt nécessaire

 

Pour l'instant, Électricité de France, compte tenu des mesures effectuées et des éléments dont elle dispose suite aux contrôles et analyses, ne juge pas nécessaire de mettre ces réacteurs à l'arrêt. L'Autorité de Sûreté Nucléaire estime également que, « à ce stade, il existe une suspicion, qui ne justifie pas pour l'instant l'arrêt de réacteurs ». Elle demande donc à EDF de mener des investigations complémentaires, et notamment d'identifier avec précision quelles sont toutes les zones présentant des concentrations en carbone trop fortes, et surtout de s'assurer que les fonds ne présentent pas de fragilités, pouvant à terme entraîner une rupture de la cuve, et donc un accident nucléaire majeur. Les contrôles seront menés à la fois en période d'activité, grâce à des ultrasons, et lors des opérations de maintenance effectuées dans les périodes d'arrêt programmé des tranches.

 

D'autres défauts possibles

 

Deux familles de réacteurs sont touchées : les cuves de réacteurs 1400 MW, mis en service dans les années 1990, et les cuves de réacteurs 900 MW plus anciens. Pour les plus anciens, il ne s'agit pas des équipements d'origine, mais d'équipements qui ont été remplacés. L'âge des réacteurs et leur vétusté ne sont donc pas en cause, mais leur fabrication l'est, quant à elle, bel et bien.

Certains ont été fabriqués par Areva NP, dans l'usine de Chalon Saint-Marcel, celle qui a forgé le couvercle et le fond défectueux de la cuve du futur EPR de Flamanville. D'autres réacteurs en revanche ont été fabriqués au Japon par JCFC.

Or, un récent audit de qualité réalisé chez Areva NP a révélé de sérieux dysfonctionnements dans le contrôle qualité dans les années 1990, avant même qu'Areva ne soit créée et ne prenne le contrôle des activités de fabrication de générateurs de vapeur. D'ailleurs, suite à cet audit qualité chez Areva NP, l'ASN précise que d'autres éléments du système de production d'électricité pourraient eux aussi présenter des défauts.

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