L'identité à l'épreuve de l'Intelligence (très) Artificielle

Abdelmalek Alaoui

L'Intelligence Artificielle (IA) est sur toutes les lèvres, dans toutes les conversations, depuis près de trois ans, se frayant un chemin dans les sphères aussi bien privées, publiques, qu'économiques ou commerciales. Or, si certains y voient la promesse d'une ère nouvelle de prospérité en nous dispensant d'un certain nombre de tâches, d'autres y voient l'avènement de HAL, le supercalculateur, qui dans la série des Odyssées de l'espace de Stanley Kubrick, tente de prendre le pouvoir sur l'homme. Au-delà de ce débat -certes essentiel- se profile une autre question fondamentale : comment l'identité personnelle et collective se comportera vis-à-vis de l'intelligence artificielle ? Cette dernière risque-t-elle d'ôter une partie de notre humanité ? Par Abdelmalek Alaoui, éditorialiste.

Publié le 17-04-2019 par Abdelmalek Alaoui

La technologie abolira-t-elle l'identité ? Deviendrons-nous tous des « objets aseptisés » reliés par la technique, ou bien risquons-nous d'être anéantis par une technologie que nous avons nous-mêmes créée ? La question est semble-il suffisamment sérieuse pour que l'un des esprits les plus brillants du monde contemporain, Stephen Hawking, s'y intéresse en mettant en garde contre le développement d'une intelligence artificielle complète, quelque temps avant sa mort en 2014. Celui-ci affirmait alors que « les formes primitives d'intelligence artificielle que nous avons déjà se sont montrées très utiles. Mais je pense que le développement d'une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à la race humaine ». Le message de Hawking est clair : l'intelligence artificielle a besoin d'être régulée.

Trois ans plus tard, Facebook annonçait que deux robots de son programme de développement d'intelligence artificielle avaient développé un langage propre, ne se restreignant plus à l'anglais, ce qui ouvrit la voie à une cohorte de thèses conspirationnistes affirmant que le géant de la Silicon Valley avait été contraint de stopper ce programme de peur qu'il ne leur échappe. L'analogie avec les robots tueurs n'est alors pas loin.

Certains médias sérieux ont toutefois donné les véritables raisons de l'interruption de ce programme, à l'instar du quotidien britannique The Independent, qui mit en avant le fait que le développement d'un nouveau langage ne faisait pas partie des objectif

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