Faut-il avoir peur de l’État ?

Michel Santi, économiste,

CHRONIQUE. L'État a toujours fait peur et ceux que l'on nomme désormais « libertariens » ont toujours vu avec appréhension les pouvoirs publics prendre de l'ampleur car l'accroissement des attributs d'un État était interprété par nombre de citoyens à travers le monde occidental comme un rétrécissement de leurs propres libertés. Par Michel Santi, économiste. (*)

Publié le 30-03-2021 par Michel Santi

Pour les adeptes de cette école de pensée - disons-le - assez complotiste, les marges de manœuvres privées sont inversement proportionnelles à la taille de l'État. Milton Friedman, Nobel d'économie en 1976 et qui fut quand même le père du monétarisme ayant un temps rayonné à travers le monde, n'aurait pas renié le Bitcoin car la pensée libertarienne fut au cœur de sa thèse économique.

Voilà en effet un économiste majeur qui s'appliqua, tout au long de sa carrière, à confectionner des théories dont le but essentiel fut de limiter les pouvoirs étatiques et de promouvoir les initiatives privées dont il était persuadé qu'elles étaient bridées par les pouvoirs publics. Les États-Unis d'Amérique ont certes un lourd passé jalonné d'une guerre civile, notamment provoquée par le refus de certains États de reconnaître un pouvoir fédéral.

Cette histoire et même cette scission sont toujours plus que jamais d'actualité de nos jours et restent largement représentées au sein des deux grands partis politiques. Friedman, pour sa part, transcendait dans ses pensées économiques l'aspect politique et allait encore plus loin en prêtant des intentions machiavéliques à un État qui - selon lui - profite des crises pour soutenir son économie afin d'accroître subrepticement et progressivement son emprise. Une récession et même un taux de chômage très élevé ne justifiant en rien, selon Friedman, que l'État intervienne, il préférait de loin soulager une économie déprimée grâce à la politique monétaire d

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