Entre Orange et l'Arcep, une fragile paix des braves

Sébastien Soriano et Stéphane Richard

Si l'opérateur historique a récemment mis de l'eau dans son vin en retirant une plainte constitutionnelle visant le pouvoir de sanction du régulateur des télécoms, les relations demeurent difficiles entre les deux acteurs.

Publié le 01-10-2019 par Pierre Manière

Les rapports entre Orange et l'Arcep ont souvent été électriques. Ce n'est pas, en soi, franchement anormal. Depuis l'ouverture à la concurrence des télécoms en 1998, la tâche de l'Arcep est de réguler le secteur. Donc pour l'essentiel de réguler l'ex-France Télécom, l'ancien monopole d'Etat, pour permettre à ses rivaux de s'installer et de croître sur le marché. C'est notamment grâce à l'Arcep qu'aujourd'hui, il n'y a plus un, mais quatre opérateurs d'envergure nationale en France. Même si Orange reste, et de loin, le numéro un du secteur. C'est en particulier le régulateur qui a organisé l'ouverture du réseau cuivre d'Orange à la concurrence, et a permis aux SFR, Bouygues Telecom et Free de commercialiser leurs offres ADSL.

Ces mesures de l'Arcep ont constitué une potion amère pour l'opérateur historique, qui a été contraint de se réorganiser profondément, et souvent dans la douleur. Rien d'illogique, dans ces circonstances, à ce que les deux acteurs ne soient pas les meilleurs amis du monde. Toutefois, les crispations sont allées crescendo depuis 2015 et l'arrivée de Sébastien Soriano à la présidence de l'Arcep. Avec lui, l'institution a changé sa manière de faire. A la différence de son prédécesseur, Jean-Ludovic Silicani, Sébastien Soriano est très présent dans les médias. Il assume de prendre régulièrement la parole dans la presse, y compris dans les titres spécialisés, pour exercer une pression continue sur les opérateurs. A ses yeux, l'Arcep ne fait que se mettre au n

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