Abera ne joue pas le jeu du porc à 1,40 euro

Abera ne joue pas le jeu du porc à 1,40 euro

Sur le Marché du Porc Breton, certains acheteurs ne jouent pas le jeu du cours minimal fixé par le gouvernement. Curieusement, Abera, filiale du groupe de Xavier Beulin, le Président de la FNSEA, contribue à faire baisser les cours.

Publié le 20-08-2015 par Aglaë Derouen

La grande distribution joue le jeu

 

Le Marché au Cadran de Plérin a pu reprendre ses cotations mardi dernier, malgré l'absence de la Cooperl et de Bigard. Mais l'évolution des cours du Marché du Porc Breton depuis la reprise est des plus surprenantes : au lieu de rester autour de la barre des 1,40 euro le kilogramme, ils ont rapidement chuté à 1,37 euro le kilogramme, soit 3 centimes au-dessous du prix fixé par le gouvernement pour sauver les éleveurs. En effet, certains acheteurs présents ont délibérément cherché à faire baisser les prix.

Il ne s'agit pas des acheteurs issus de la grande distribution. En effet, les deux seuls présents, Kerméné (pour les centres Leclerc) et Josselin Porc Abattage pour Intermarché ont tous deux acheté au minimum leurs lots au prix de 1,40 euro le kilogramme. Kerméné a acheté 15000 porcs mardi, et Josselin 3000. Système U, qui passe habituellement par la Cooperl, a fait savoir de son côté que si la Cooperl achetait aux éleveurs du porc à un prix inférieur, le groupement s'engageait à verser aux producteurs la différence. Qui sont donc ceux qui font baisser les cours ?

 

 

Le comportement aberrant d'Abera

 

Au rang de ceux qui refusent de payer le prix minimum, on ne trouve que des acteurs de la filière porcine et de l'agriculture en général. Les deux sociétés du groupe Jean Floc'hSA Bernard et SA Charles, qui font à la fois de la découpe pour le frais et le surgelé, mais aussi des charcuteries et des salaisons. Mais il y a aussi Abera.

Or, Abera appartient au groupe Glon-Sanders, contrôlé lui-même par Sofiproteol, qui n'est autre que l'empire agricole que dirige Xavier Beulin, le Président de la Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA). Il semble donc qu'une des sociétés contrôlées par celui qui est censé défendre les éleveurs soit une des sociétés qui contribue à les affamer.

Pour dédouaner les acteurs de la filière porcine, Guillaume Roué, Président de l'Inaporc, a précisé que les acteurs de la grande distribution « sont les seuls à s'être engagés auprès du ministre pour un prix à 1,40 ». Mais les éleveurs ne vont certainement pas tarder à reprocher à ces acteurs de ne pas s'être eux aussi engagés.

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