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Dernière mise à jour : 25.05.2012


Accueil  societe.com  Actualités  societe.com  Les économistes éthérés sont aveugles

13-10-2010
Les économistes éthérés sont aveugles avec slate.fr

Des économistes qui se situent dans le spectre de la gauche viennent de publier un Manifeste «Crise et dette en Europe: 10 fausses évidences, 22 mesures en débat pour sortir de l'impasse». C'est un document étoffé qui a deux cibles, les marchés financiers et l'Europe, rendus responsables de l'enlisement dans la crise. Les marchés financiers continuent à faire la loi et obligent les autres acteurs économiques, privés ou publics, à passer sous les fourches Caudines des normes de rentabilité financière; la théorie, en fait l'idéologie néolibérale dont la crise a montré son inanité, règne plus que jamais, au moins dans la tête des dirigeants économiques ou politiques; l'Europe, par ses règles libérales, notamment en matière de finances publiques, est au bord de la déflation.

Ce diagnostic alarmant, on peut très largement le partager sur beaucoup de points et en même temps il y a quelque chose qui gêne. A trop vouloir démontrer la nocivité de la finance, l'inanité du néolibéralisme, la politique inadéquate des Européens, on en vient à occulter les questions économiques auxquelles nous sommes confrontés. Les déficits publics ne sont pas un problème, la faiblesse de la croissance n'est due qu'au refus de la relance, les mesures proposées s'apparentent plus à un catalogue de «y'a qu'à» plus faciles à dire qu'à faire. Après deux ans de crise financière qui nous a mis au bord du gouffre, on peut être à juste titre inquiet des réformes qui piétinent, des financiers qui, l'orage une fois passé, redressent la tête, des politiques conduites en Europe et notamment en France complètement à côté de la plaque pour relever les défis qui nous attendent ; un appel est plus que justifié, nécessaire, on peut regretter cependant que l'excès, pour ne pas dire le caractère outrancier, en limite la portée et lui fasse perdre de sa crédibilité.

Première cible de la critique rageuse, les marchés financiers. Nos mousquetaires dénoncent l'idée selon laquelle les marchés financiers seraient efficients (fausse évidence 1). Les marchés financiers n'ont pas de principe autorégulateur, la formation périodique de «bulles» spéculatives est intrinsèque aux mécanismes de la spéculation financière. Cette critique des marchés financiers est aujourd'hui largement répandue et soutenue par dés économistes de renom. Mais cela rend-il pour autant secondaire que les marchés déréglementés ont aussi permis le développement de la cupidité (Stieglitz: le triomphe de la cupidité), le recours à des techniques et des produits financiers non seulement dangereux parce qu'incontrôlables, mais aussi parce qu'ouvrant un large champ à l'avidité, la malhonnêteté, à l'irresponsabilité de certains acteurs.

Ce constat n'enlève rien à la pertinence de la critique théorique, contrairement à ce que pensent les auteurs. Il invite à une réforme des marchés financiers et la question est moins de faire preuve de radicalisme (par ex.les auteurs proposent de contrôles sur les mouvements de capitaux et de taxes sur les transactions financières pour réduire la spéculation mesure n°2 serpent de mer qui, même si on l'évoque à certaines occasions dans (...) 

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