Elle n'existe pas au quotidien, mais la
voiture électrique a envahi le Mondial de l'automobile. Dans ce monde parallèle
tournant autour d'une voiture en devenir, on en arriverait à se persuader que
la motorisation électrique, exclusive ou associée à un moteur thermique dans
une voiture hybride, est une innovation française. Malheureusement, ce n'est
pas le cas.
Pas de recherche hors des aides d'Etat
Historiquement, lorsque Toyota sortit
ses premières Prius, les groupes français ne croyaient pas en la pertinence de
l'hybride qui augmente le poids mort et réduit de la charge utile. Le tout électrique
était encore moins à l'ordre du jour: problèmes avec les batteries. Certes,
les constructeurs français ont planché sur la propulsion électrique sous la
pression des pouvoirs publics qui, entre 2002 et 2007, ont dégagé une enveloppe
de 400 millions d'euros dans le cadre du programme de recherche Prédit3. Mais
alors que le véhicule électrique est une véritable «innovation de
rupture» selon l'expression du ministère de l'Industrie, les deux groupes
abordèrent le sujet en traînant les pieds, à cause du risque financier. Pour
équiper 120.000 véhicules,
l'investissement à consentir en batterie est de 1 milliard d'euros, explique un
ingénieur. Or, une erreur de seulement 10% dans la fiabilité du modèle (et notamment la longévité des
batteries) est toujours possible
lorsqu'on innove, mais la facture est lourde: 100 millions d'euros. D'où
une retenue certaine, pour ne pas essuyer les plâtres.
Un bonus de 5.000 euros par véhicule pour séduire
Pour stimuler la recherche dans le cadre
du nouveau programme Predit4, 200 millions d'euros ont à nouveau été mobilisés
pour la période 2008-2012, et «180 millions d'euros ont déjà été
engagés», souligne Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie et de
l'Energie. Surtout, pour débloquer les énergies, une vingtaine de grandes
entreprises publiques et privées (dont La Poste, la
RATP, EDF, GDF-Suez, SNCF, Veolia) se sont
groupées pour lancer un premier appel d'offres de 23.000 véhicules dans le
cadre d'un marché de 50.000 unités annoncé dès 2009 et coordonné par l'Etat. Pour
que ce projet ait des chances d'aboutir comme prévu au printemps 2011, il entre
dans le champ du super bonus de 5.000 euros par véhicule mis en place par
l'Etat pour que le prix de la motorisation électrique se rapproche de la
motorisation thermique. De quoi ouvrir l'appétit des constructeurs les plus
réticents qui, sous le capot de modèles éprouvés comme la Berlingo de Citroën
ou la Kangoo de Renault, finissent
par loger des batteries pour des types d'exploitation qui ne nécessitent pas
une grande autonomie. Cette prime devrait par ailleurs inciter d'autres flottes
d'entreprises à s'intéresser à l'hybride.
L'apport technologique de partenaires plus innovants
Toutefois, pour imaginer les nouveaux
modèles destinés notamment à circuler dans la ville de demain, il était trop
tard pour que les recherches des constructeurs français soient portées au plus
haut niveau. C'est donc en s'appuyant
sur les travaux de partenaires industriels que la voiture électrique va
faire son apparition en France. Philippe Varin, président du directoire de PSA,
l'admet: (...)
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