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Dernière mise à jour : 25.05.2012


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03-10-2010
Le salarié, voilà l'ennemi avec slate.fr

Il fut un temps où les chefs d'entreprise se flattaient d'employer des salariés par centaines ou par milliers et de contribuer ainsi à la vie d'une ville ou d'une région. Cette attitude se rencontre encore chez certains dirigeants de PME en province. Mais, d'une façon générale, en France comme dans les autres pays industrialisés, le seul chiffre qui compte vraiment aujourd'hui, c'est le résultat net. Du coup, le salarié est vu autrement. Traditionnellement, on le considérait sous deux angles: sa valeur ajoutée pour l'entreprise et son coût. Du point de vue comptable, les deux valeurs sont identiques, mais l'une peut être affectée d'un signe «plus», l'autre d'un signe «moins». C'est ce deuxième aspect qui est surtout pris en compte aujourd'hui: le salarié peut accessoirement apporter quelque chose à l'entreprise, mais il est d'abord vu comme un coût. Et ce que l'on demande à un dirigeant d'entreprise, c'est d'abord de réduire les coûts.

Les économistes sourient

Pour les économistes, c'est le signe d'un grand progrès: la vigueur de la concurrence impose aux entreprises une plus grande rigueur de gestion, elle les conduit à ne faire aucun gaspillage en capital, financier ou humain, et à rechercher en permanence les conditions d'une compétitivité sans cesse renforcée. Dans un monde pratiquement sans frontières, cette attitude a toutefois une conséquence: le chef d'entreprise avisé a la possibilité ses actionnaires estiment même qu'il a le devoir d'implanter ses sites de production là où la main d'œuvre coûte le moins cher à qualité sensiblement égale.

Cette rationalité économique a évidemment des conséquences sociales néfastes dans les pays anciennement industrialisés. C'est elle qui a directement conduit à la crise financière que nous venons de vivre. Les entreprises américaines ont massivement délocalisé leurs activités vers l'Asie. Mais, tandis que leurs résultats financiers s'envolaient, la pression exercée par la concurrence asiatique (y compris celle des produits fabriqués en Asie pour des firmes américaines) a fortement pesé sur les salaires versés aux Etats-Unis, avec des gains de pouvoir d'achat quasiment nuls en dix ans. Or la consommation explique traditionnellement à elle seule plus des deux tiers de la croissance américaine.

Comment maintenir la croissance avec des revenus réels stagnants? Les dirigeants américains ont cru trouver la réponse dans un nouveau développement du crédit. Ainsi se sont développés les crédits dits «subprimes», offerts à des gens qui n'avaient pas en fait la capacité de rembourser. C'était jouable si les prix de l'immobilier n'arrêtaient pas de monter: à défaut de pouvoir payer leurs mensualités, les ménages endettés n'auraient qu'à vendre leur maison, ils en tireraient de quoi rembourser leur dette, et avec une plus-value! Mais ce n'est pas ainsi que l'histoire s'est terminée: quand la Réserve fédérale a relevé ses taux directeurs, l'immobilier a chuté, avec les conséquences que l'on connaît.

... les chômeurs, moins

Aujourd'hui, la conjoncture américaine suscite bien des interrogations: non seulement la croissance a plutôt tendance à ralentir, mais la reprise s'est effectuée sans beaucoup de créations d'emplois. Outre-Atlantique, on commence (...) 

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