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Dernière mise à jour : 09.02.2012


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30-08-2010
Crise: le dernier craquement américain avec slate.fr

Le mois d'août 2010 aura marqué un nouveau tournant dans la crise financière. Non pas, comme certains pouvaient le craindre, en raison d'une crise de change ou du système bancaire mais à la suite d'une décision dramatique et discrète que le gouvernement américain n'a pas pu ne pas prendre: abandonner à son sort le secteur immobilier.

De fait, l'immobilier est un élément clé de l'économie américaine. En faisant croire pendant des années aux Américains qu'ils étaient riches, et qu'ils pouvaient emprunter et consommer, le logement a representé alimenté les deux tiers de la croissance. C'est par lui qu'a commencé la crise, avec les prêts subprimes, et c'est par lui que le gouvernement a cru sortir de la crise, en nationalisant pratiquement tout son financement. La Réserve fédérale américaine (Fed) a ainsi offert 400 milliards de dollars de garanties aux organismes de financement du logement, permettant aux investisseurs privés de continuer de les financer.    

Depuis 2009 cela semblait être un succès. La valeur des patrimoines immobiliers a cessé de décroitre, ce qui a permis aux ménages de maintenir leur consommation. Les gouvernants ont pensé créer ainsi un cercle vertueux: la dépense publique crée la croissance, qui augmente la valeur de l'immobilier, qui pousse à la consommation, qui augmente la croissance et les recettes fiscales, qui financent la dépense publique. Autrement dit, l'immobilier étant le moteur du patrimoine, donc de la consommation, il est la condition du financement de la dette publique. Etrange situation, où on pensait qu'il fallait aggraver la dette (en finançant l'immobilier) pour trouver les moyens de la financer (par la croissance que provoque l'immobilier!)!

Mais cela n'a pas suffit et ce cercle vertueux est en train, à l'heure même où nous écrivons, de se transformer en cercle vicieux. 

D'une part, malgré tous les soutiens et tous les financements garantis, les prix de l'immobilier neuf  et ancien recommencent à chuter. Les gens ne peuvent plus les financer. Ils doivent renoncer à leurs maisons. Le nombre de saisies  immobilières  augmente et  le nombre des ventes de logement est le plus faible depuis quinze ans.

D'autre part, la dette publique ne se réduit pas: elle dépasse 13 trillions de dollars (13 mille milliards de dollars), dont 4,5 trillions de dette intra-gouvernementale et 8,5 milliards de dettes à l'égard du marché, financées à parts égales par les investisseurs américains et les  étrangers.  Parmi les étrangers qui possèdent la dette publique américaine, un tiers sont des détenteurs privés et donc deux tiers des détenteurs publics. Le financement de cette dette est de plus en plus difficile: chaque mois, le Trésor doit trouver jusqu'à 700 milliards de dollars pour se refinancer.

Pour y parvenir, le Trésor a longtemps espéré que la croissance y pourvoirait. Comme elle a chuté, malgré tous les stimulants, il a du prendre  deux décisions dramatiques: d'abord, en début de l'année 2010, il a du cesser de soutenir la croissance (...) 

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