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Dernière mise à jour : 09.02.2012


Accueil  societe.com  Actualités  societe.com  A Wall Street, rien n'a changé

27-08-2010
A Wall Street, rien n'a changé source : slate.fr

L'art du «grand mensonge» est de répéter quelque chose assez souvent, et avec un porte-voix assez puissant, pour que votre distorsion de la vérité ne soit pas mise en question. C'est la technique adoptée par le Wall Street Journal, qui attaque et déforme de façon obsessionnelle les nombreuses poursuites que j'ai initiées contre AIG et son ancien PDG Hank Greenberg.

Les enjeux dépassent largement le cadre de telle ou telle affaire. En voulant réécrire l'histoire du cataclysme économique que nous avons traversé, certaines personnes tentent de mettre en doute les conclusions dictées par le bon sens, qui découlent d'une interprétation exacte de l'histoire. Elles cherchent désespérément à préserver une philosophie anti-régulation particulièrement fanatique et en définitive nuisible, courant dominant des 30 dernières années. Elles veulent protéger une interprétation détraquée et erronée du fonctionnement des marchés, un point de vue aujourd'hui ouvertement rejeté par des personnalités aussi farouchement attachées à l'économie de marché que le juge Richard Posner et l'ancien président de la Réserve fédérale Alan Greenspan. Admettre le bien-fondé des poursuites des entreprises coupables les empêcherait de rejeter, comme elles le font actuellement, la moindre petite réaction gouvernementale à la crise financière.

Vu la situation, et étant donné le récent éditorial publié par le Wall Street Journal, il convient d'apporter quelques précisions. Greenberg a été poussé à démissionner de son poste de PDG d'AIG par son propre conseil d'administrationdu propre chef de ce dernieraprès qu'il avait refusé de répondre à des questions concernant son implication dans des contrats de réassurance frauduleux créés par sa compagnie. Cinq personnes ont été reconnues coupables par un jury dans le Connecticut en 2008 pour leur rôle dans ces fraudes. Le procureur général, lors de son résumé de l'affaire, a qualifié Greenberg de «complice non accusé». À New York, le juge en charge de cette affaire, initiée par l'État lorsque j'étais procureur général, l'a qualifiée de «désastreuse» et utilisé l'expression «entreprise criminelle» pour désigner AIG. AIG en tant que personne morale est parvenu à un accord avec mon bureau en 2006 en révisant ses résultats financiers et en acquittant une amende de 1,6 milliard de dollars. Les actionnaires attendent à présent l'approbation judiciaire d'un accord de versement de 750 millions de dollars supplémentaires en compensation des dommages provoqués par ces malversations comptables.

Contrairement à ce que revendique l'éditorial du Journal, les poursuites intentées contre Greenberg et AIG étaient à la fois appropriées et efficaces. Plus important peut-être, elles étaient nécessaires pour défendre la justice et l'éthique sur les marchés.

L'éditorial du Journal cherche aussi à dénigrer les poursuites intentées par mon bureau contre Marsh & McLennan pour toute une série de délits économiques et financiers. L'éditorial souligne que deux des poursuites contre des employés de l'entreprise ont été abandonnées après que les prévenus avaient été reconnus coupables. Le juge avait découvert que certaines preuves qui auraient dû être livrées à la défense ne l'avaient pas été (les procès ont eu lieu alors que je n'étais plus procureur général). Malheureusement pour (...) 

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