Accueil

|

Documents officiels

|

Dirigeants & actionnaires

|

Analyse financière

|

Fichiers & alertes

|

Subventions & assurances
 
 
 
dernière mise à jour

Dernière mise à jour : 09.02.2012


Accueil  societe.com  Actualités  societe.com  Le destin des Etats-Unis n'est pas celui du Japon

30-08-2010
Le destin des Etats-Unis n'est pas celui du Japon avec : slate.fr

L'idée que la récession qui frappe les Etats-Unis va nous mettre dans la même situation que le Japon est apparue dès la faillite, en septembre 2008, de la banque Lehman Brothers et, depuis, continue de se propager. Si vous imaginez que les chiffres de la croissance économique américaine de ces quarante dernières années peuvent à eux seuls mettre un terme à ces théories de dérive japonaise, vous vous trompez. La crainte d'une récession massive, la persistance d'un fort taux de chômage et la peur, très en vogue, de la déflation, ont ressuscité le monstre japonais, nouvelle incarnation de Godzilla.

Il est usant de répéter que la comparaison avec le Japon ne tient guère. Mais jusqu'à ce que l'économie donne l'impression de s'être enfin définitivement redressée, il y aura des éditorialistes et même des éditorialistes respectables qui jugeront utile d'agiter ce drapeau en nous assenant quelques petites vérités bien senties accréditant leur thèse.

Aujourd'hui, l'utilisation de l'exemple japonais par tout éditorialiste ou intellectuel est un bon indicateur de sa pensée en matière d'interventionnisme fiscal. La foule des agitateurs de la menace japonaise est partagée en deux camps: ceux qui montrent du doigt l'expérience japonaise comme la démonstration que l'interventionnisme de l'Etat ne fonctionne pas par définition ou, tout du moins, qu'il ne compense pas le degré d'endettement gouvernemental qui en résulte. (Ce camp va de la Reason Foundation (ultralibérale) à presque tous les éditoriaux publiés dans le Wall Street Journal). Et il y a ceux qui considèrent que nous devons craindre un scénario à la japonaise, parce que le gouvernement japonais intervint trop peu et trop tard. (Paul Krugman est le chef de ce camp). Il est presque comique de constater que les avocats de deux stratégies financières résolument opposées pointent du doigt le même scénario en s'écriant «cela ne doit pas se produire!»

Le problème, c'est que le spectre d'une «décennie perdue» à la japonaise est à ce point marqué par la peur et la fierté nationaliste qu'elle écarte toute analyse sérieuse. Si la crise économique ayant frappé le Japon au début des années 1990 peut superficiellement ressembler à la récession touchant actuellement l'Amérique, il est important de souligner à quel point les situations de fond sont radicalement différentes. Pour mémoire:

La taille de la bulle et la taille de son explosion. Dans son brillant Foreign Affairs refutation of the Japan analogy (publié en 2009 - sur souscription), Richard Katz montre qu'entre 1981 et 1991, le prix des terrains commerciaux a augmenté de 500% dans les six plus grandes villes du Japon. En comparaison, le prix du terrain constructible aux Etats-Unis dans les 20 plus grandes villes du pays a augmenté, entre 1996 et 2006, de 200%. La bulle devait donc éclater, mais avec des conséquences naturellement moins sévères. Et même si le prix du bâti continu de chuter, il faudra attendre longtemps avant de trouver les prix de (...) 

Lire la suite de l'article